Saint-Étienne : journée découverte dans la capitale française du design.
Longtemps associée à son passé industriel, Saint-Étienne révèle aujourd’hui un tout autre visage. Entre architecture remarquable, design, gastronomie et savoir-faire locaux, nous avons exploré une ville créative et surprenante, où l’héritage industriel continue d’inspirer l’innovation et la culture au quotidien.

Pour être tout à fait honnêtes, nous connaissions très peu cette ville pourtant située à seulement une heure et demie de Clermont-Ferrand. Dans notre imaginaire, Saint-Étienne était avant tout une ancienne cité industrielle, peut-être un peu grise et discrète. Mais dès notre arrivée, cette image a volé en éclats.
Nous avons découvert une ville dynamique, agréable à vivre, étonnamment verte, dotée d’une belle architecture et d’un patrimoine culturel particulièrement riche. Une ville qui a su transformer son héritage industriel en véritable moteur de création et d’innovation.

De la Galerie nationale du design aux Halles Mazerat, du centre-ville historique aux ateliers de la Maison Weiss, cette journée nous a permis de découvrir une destination qui mérite largement que l’on s’y attarde.

La Galerie nationale du design : une immersion dans la créativité stéphanoise
Nous avons commencé notre découverte de Saint-Étienne à la Galerie nationale du design, située au cœur de la Cité du Design, sur le site emblématique de l’ancienne Manufacture d’armes de Saint-Étienne.
Avant même de pénétrer dans les espaces d’exposition, une première expérience nous attendait : l’ascension de la Tour d’Observation. Cette dernière n’est ouverte au public qu’à certaines occasions, et nous avons eu la chance de pouvoir y accéder.

La Tour d’Observation : comprendre la ville d’un seul regard
Du sommet, la vue est spectaculaire. Le regard embrasse à la fois les collines qui entourent Saint-Étienne et l’ensemble du site de la Cité du Design. On découvre alors toute la cohérence architecturale de l’ancienne manufacture : les bâtiments parfaitement alignés, les longues toitures des ateliers qui semblent se prolonger à l’infini et, au centre, la silhouette contemporaine de la Platine.



Sa toiture perforée attire immédiatement l’attention. Ses motifs triangulaires ne sont pas le fruit du hasard : ils évoquent les formes des armes autrefois fabriquées sur ce site, créant un lien subtil entre passé industriel et création contemporaine.
Cette vue panoramique nous permet déjà de comprendre l’identité profonde de Saint-Étienne : ici, le patrimoine industriel n’a pas été effacé, il a été réinventé.



Créer un vase : quand un objet du quotidien devient terrain d’expérimentation
Notre visite débute par l’exposition Créer un vase, présentée à la Platine.

À première vue, le sujet peut sembler simple. Pourtant, cette exposition démontre à quel point un objet aussi familier qu’un vase peut devenir un formidable laboratoire de création.
Grâce aux explications de notre guide, nous découvrons notamment le vase Potts d’Iles/Mer/Froid et Hervé Rousseau, le vase à distorsion numérique d’Octave Rimbert-Rivière, les créations Cueillette de Lorie El-Kaïm et Lauriane Carra, le vase acoustique de Marie et Alexandre ou encore Crambe maritime une vase pour une graine de Gregory Granados.
Ce qui nous frappe n’est pas seulement l’esthétique des œuvres, mais surtout la réflexion qui se cache derrière chacune d’elles.





À travers les vingt-et-une créations présentées, le vase apparaît tour à tour comme un objet fonctionnel, une sculpture, un symbole ou encore un support de récits culturels et techniques. Les designers mêlent savoir-faire artisanaux, matériaux locaux, procédés industriels et technologies numériques pour réinventer un objet que nous pensions pourtant connaître par cœur.
Cette exposition nous rappelle que le design ne consiste pas uniquement à créer de beaux objets : il invite surtout à regarder autrement le monde qui nous entoure.
Avant de quitter la Platine, nous prenons également le temps de découvrir la boutique de la Cité du Design. Véritable prolongement de l’exposition, elle regorge d’objets, d’ouvrages et de créations contemporaines qui donnent immédiatement envie d’emporter un peu de design chez soi.


Brèches fertiles : l’univers fascinant d’Anaïs Borie
Nous poursuivons notre visite avec l’exposition Brèches fertiles consacrée à la designer Anaïs Borie.

Dès les premières salles, nous avons l’impression d’entrer dans un monde parallèle, quelque part entre le conte merveilleux et la science-fiction.
Anaïs Borie imagine des miroirs, des chaises, des tables et d’autres objets qui semblent tout droit sortis d’un récit fantastique. Son travail s’appuie sur la fiction, le récit et l’hybridation des savoir-faire. Verre, métal, bois, impression 3D, vitrail ou découpe numérique dialoguent pour donner naissance à des créations singulières.
Chaque pièce regorge de détails que l’on a envie d’observer longuement.


Nous avons particulièrement été séduits par les miroirs qui semblaient littéralement s’intégrer à l’architecture du bâtiment. À certains moments, il devenait difficile de distinguer où s’arrêtait l’œuvre et où commençait l’espace d’exposition.
Plus qu’une exposition de design, nous avons eu l’impression de pénétrer dans un univers narratif où chaque objet raconte sa propre histoire.
Design en main : comprendre comment le design a façonné notre société

Notre visite se termine avec l’exposition inaugurale de la Galerie nationale du design : Design en main. Du langage à l’objet. Conçu par Laurence Mauderli, ce parcours propose une véritable traversée de l’histoire du design.

Les objets présentés témoignent des évolutions techniques, économiques et sociales qui ont façonné nos modes de vie.
Ce que nous avons particulièrement apprécié, c’est la manière dont l’exposition établit un dialogue constant avec l’histoire de Saint-Étienne. L’ancienne cité industrielle apparaît comme un véritable laboratoire d’innovation où se croisent industrie, artisanat et création.





En quittant la Galerie nationale du design, nous avons compris pourquoi Saint-Étienne est aujourd’hui la seule ville française labellisée Ville créative UNESCO de design. Ici, le design n’est pas une simple vitrine culturelle. Il s’inscrit dans une histoire industrielle vieille de plusieurs siècles et prolonge naturellement une tradition d’innovation profondément ancrée dans le territoire.
Déjeuner à La Commune Mazerat : une parenthèse gourmande
Après cette matinée particulièrement riche, nous prenons le tramway en direction du centre-ville pour rejoindre les Halles Mazerat.


Depuis janvier 2026, elles accueillent La Commune Mazerat, un concept original mêlant food hall, culture et incubateur culinaire. Le lieu permet à de jeunes restaurateurs de tester leur concept dans des conditions réelles avant de se lancer dans leur propre aventure entrepreneuriale. Plusieurs échoppes cohabitent ainsi autour d’un vaste espace convivial où chacun compose son repas selon ses envies. L’idée nous séduit immédiatement. Que l’on vienne entre amis, en famille ou en groupe, chacun peut choisir une cuisine différente tout en partageant la même table. La Commune Mazerat est bien plus qu’un simple food court : c’est un lieu de vie où gastronomie, rencontres et culture se croisent au quotidien.



Notre choix se porte sur Bode Gaga, une échoppe spécialisée dans les tapas et pintxos. Avec la chaleur de cette journée estivale, c’était la solution idéale. Les assiettes arrivent colorées, généreuses et pleines de fraîcheur. Les saveurs sont parfaitement équilibrées et les associations particulièrement réussies.
Mon coup de cœur revient sans hésiter au pintxo de rillette de saumon fumé. La fraîcheur du saumon, délicatement relevée par les herbes aromatiques, en faisait une bouchée légère et savoureuse que j’aurais volontiers commandé une seconde fois.
Une très belle découverte qui prolonge finalement notre immersion dans la création : ici, le design laisse place à la créativité culinaire.

Flânerie dans le centre-ville de Saint-Étienne
Après le déjeuner, nous poursuivons notre découverte à pied. Cette promenade nous permet d’apprécier l’architecture du centre-ville tout en observant la vie stéphanoise dans toute sa diversité. Nous tombons d’abord sur la Grande Braderie qui anime plusieurs rues du centre. L’ambiance est festive et les rues particulièrement animées. Quelques instants plus tard, nous assistons à une manifestation de jeunes accompagnée d’une musique particulièrement puissante qui attire immédiatement l’attention.



Puis l’atmosphère change complètement. Depuis le kiosque à musique résonnent des airs de musique classique qui accompagnent les jeux d’eau de la fontaine voisine. Comme si cela ne suffisait pas, nous apercevons également les célébrations organisées à l’occasion des 400 ans de la Marine nationale. Cette succession d’événements nous montre une ville vivante, dynamique et pleine de contrastes.



Un Office de Tourisme qui valorise les talents locaux
Notre balade nous conduit ensuite à l’Office de Tourisme Saint-Étienne Hors Cadre. Ici aussi, la découverte du territoire se fait de manière originale. Le lieu a été pensé comme une véritable vitrine du savoir-faire local.

Les visiteurs peuvent y découvrir des produits gastronomiques, des créations d’artisans, des objets imaginés par des designers locaux ainsi que le travail de photographes et d’artistes du territoire. Le magasin met en avant trois univers : gourmand, créatif et explorateur, permettant de découvrir Saint-Étienne autrement.

Une belle façon de prolonger le voyage tout en soutenant les talents locaux.
Devenir Maître Chocolatier chez Weiss
Notre journée se poursuit sous le signe de la création, mais cette fois-ci dans un univers beaucoup plus gourmand. Direction la Maison Weiss pour participer à l’atelier « Joue au Maître Chocolatier ».



Dès notre arrivée, nous sommes impressionnés par le design de la boutique. Les chocolats sont présentés comme de véritables bijoux. Chaque création bénéficie de son propre écrin, de son éclairage et de sa mise en scène. Tout est si élégant que le chocolat cesse presque d’être une gourmandise pour devenir un objet d’art.



Après cette première immersion, il est temps de passer de l’autre côté du décor. Blouse blanche, sur-chaussures, charlotte pour les cheveux — et même pour certaines barbes — nous voilà prêts à entrer dans les ateliers. Une chocolatière nous explique alors chaque étape de fabrication de notre future tablette personnalisée. Puis arrive enfin le moment que nous attendions tous : le travail du chocolat. Il faut remplir le moule, répartir correctement le chocolat, puis ajouter rapidement les ingrédients choisis avant qu’il ne commence à cristalliser. L’exercice demande de la précision, mais il est surtout extrêmement amusant. Chaque participant crée une tablette différente, reflet de ses goûts et de son imagination.






Pendant que nos créations reposent en chambre froide, nous découvrons les ateliers de fabrication du nougatine et des célèbres guimauves. Nous sommes particulièrement surpris de constater que certaines machines historiques sont toujours utilisées aujourd’hui. Le savoir-faire traditionnel a été préservé et continue de faire partie intégrante de l’identité de la maison.


Enfin arrive le moment du démoulage. Cette étape est plus délicate qu’il n’y paraît : il faut extraire la tablette sans la casser. Quelques secondes plus tard, nous tenons entre nos mains notre propre création. Une tablette unique, réalisée de A à Z, puis emballée dans son élégant étui signé Chocolat Weiss. Une expérience ludique, gourmande et particulièrement mémorable.



Notre verdict : Saint-Étienne mérite le détour
Cette journée nous a permis de découvrir une ville très différente de celle que nous imaginions.
Saint-Étienne n’est pas seulement une ancienne cité industrielle. C’est aujourd’hui une destination créative, dynamique et profondément attachée à son histoire.
Ici, le patrimoine industriel est devenu une source d’inspiration. Les anciennes manufactures accueillent des lieux culturels innovants, les savoir-faire traditionnels continuent de vivre à travers les artisans et les entreprises locales, tandis que la création s’exprime aussi bien dans les musées que dans les ateliers ou les assiettes.
Une chose est certaine : nous sommes repartis avec un regard totalement différent sur Saint-Étienne. Et surtout avec l’envie d’y revenir pour poursuivre cette découverte.

Liens & Informations pratiques
Galerie nationale du design – Cité du Design
Expositions :
- Créer un vase : jusqu’au 20 septembre 2026
- Brèches fertiles – Anaïs Borie : jusqu’au 4 octobre 2026
- Design en main. Du langage à l’objet : jusqu’au 7 mars 2027
La Commune Mazerat
Adresse :
2 cours Victor Hugo
42000 Saint-Étienne
Saint-Étienne Hors Cadre – Office de Tourisme
Maison Weiss
Les Ateliers : « Joue au Maître Chocolatier ». Pensez à réserver votre place à l’avance.
Crédit photo : Natalya CLERMONTEL – NataFranceAuvergne